Un comité de pilotage de ces projets a eu lieu le 13 avril à Maubeuge.
Si prés de chez moi, je ne voulais pas rater l’occasion de pouvoir me faire ma propre idée.
Après en avoir obtenu l’autorisation (car ce ne sont pas des réunions publiques) j’ai donc pu y assister en simple auditeur.
Je ne vous ferais pas de compte rendu (je n’ai pas la qualité pour le faire), je vous livre simplement ce que j’en ai retenu.
D’abord, à l’évidence, si à un moment, il a été envisagé de lier les deux projets TERGV et boucle d’essai, cette idée est bel et bien abandonnée.
Considérons donc indépendamment les 2 projets.
LE TERGV
C’est une pleine compétence du Conseil régional, ce projet a donc bien un maître d’ouvrage : la région.
Celle ci a identifié un budget de plusieurs centaine de millions d’euros pour améliorer la ligne afin de gagner du temps entre l’Avesnois et Lille.
Le trajet pourrait être ramené à environ 45 minutes entre Lille et Maubeuge dans un futur proche, la demande exprimée par le maire de Maubeuge est de 35
minutes.
Il est urgent que le territoire fasse des propositions de travaux pour aller vers ces objectifs.
Mon avis :
D’une part, il faut faire attention que le raccourcissement des temps de trajet entraîne bien une augmentation de l’attractivité de notre territoire par rapport à la
métropole et non l’inverse (par exemple que cela permette d’aller plus facilement faire ses courses à Lille ou Valenciennes sans contreparties!)
D’autre part, il faut s’assurer que les sommes très importantes investies soit amorties par l’existence d’une réelle demande en progression (contre exemple :
navette Sambre <> Mons)
Je suis donc favorable à des améliorations immédiates, progressives, à coûts maîtrisés.
LA BOUCLE D’ESSAI
Le problème est tout à fait différent car nous ne sommes pas dans une compétence pleine de la région qui n’est alors qu’un partenaire du projet : il n’y a donc
pas de maître d’ouvrage de ce projet.
Nous sommes plutôt dans une compétence « développement économique », il y a lieu de définir un partenariat spécifique sur ce projet entre les collectivités
territoriales et les industriels concernés.
D’autre part, il n’y a aucun accord sur un site d’implantation car les caractéristiques de l’équipement ne sont pas compatibles avec les environnements des lieux
présélectionnés.
J’ai cru comprendre qu’il y aurait un retour vers les industriels pour étudier la possibilité de modifier le cahier des charges du projet.
Mon avis :
Ce dossier me paraît beaucoup plus difficile que le TERGV et il est heureux que les 2 projets aient été « déconnectés ».
Entre volonté de répondre aux sollicitations des industriels pour sauvegarder l’emploi et souhait de préserver le cadre de vie, le débat est tendu car les intérêts
opposés.
C’est pour cela que c’est bien sous l’angle du développement économique que doit être travaillé le dossier et non sous l’angle transport.
D’abord bien s’assurer du côté indispensable de l’équipement et si oui étudier toutes les possibilités de réduire le côté contraignant.
Ce n’est qu’après que l’implantation pourra être envisagée et ce dans une zone immanquablement classée en zone d’activité déjà créée sinon, je pense qu’il faudra la
créer, ce qui prendra énormément de temps, surtout en l’absence d’un SCOT d’arrondissement.
La réalisation de la boucle n'est assortie d'aucune garantie en matière d'emploi, qu'il s'agisse de croissance ou simplement de maintient. Le constat du président de ce comité de pilotage est qu'on y a presque vu aucun industriel et qu'ils n'ont pas défendu un projet soi-disant vital pour eux. Ils ont annoncé une participation de 35 millions sur un projet qui en coûte 280 et pour lequel la Région est prête à en débourser 100. Autant dire que c'est un projet avant tout politique, défendu par des politiques (qui ont de gros egos et s'écoutent beaucoup parler). La Région est aux mains de quelques ayatollahs du ferroviaire. Cela tient visiblement de la pathologie, ou pire...
Quant à la liaison rapide, on admet enfin que le TGV ne sert à rien et que le tracé au sud de Valenciennes est parfait. Il faut dire qu'on fait difficilement mieux qu'une ligne droite. Le projet est découplé de celui de la boucle. La seule raison de le présenter comme lié à la boucle était de susciter l'adhésion du sud du département à la boucle, afin de sacrifier les bourgeois bobos qui empêchent l'ouvrier de Fourmies d'aller bosser à Lille. Que de mensonges, de trahisons, de pressions, d'incompétences dans cette histoire dont la politique ne sortira pas grandie! La suite au prochain numéro...
Par contre, même si elle a une compétence de développement économique, je ne suis pas sûr que la maîtrise d'ouvrage d'une boucle d'essais soit si évidente ou si naturelle. La Région serait alors propriétaire d'un équipement industriel. Doit elle alors le vendre? le louer? est ce son métier? un prix de location trop haut trouverait il des clients? un prix trop ne serait il pas une libéralité pour compte de tiers?
Je ne suis donc pas aussi catégorique sur la maîtrise d'ouvrage même si, à l'évidence, la région a été un élément moteur dans l'initiation de ces projets. Et là, elle est dans son rôle.
Je maintiens que l'objectif d'une liaison ferroviaire rapide entre Lille et l'Avesnois est un objectif d'aménagement du territoire louable.
L'intention primitive de combiner les deux a été abandonnée mais les études préliminaires servent à cela.
Maintenant, les élus de l'Avesnois doivent faire des propositions d'amélioration de cette ligne. Ces propositions concerneront aussi des travaux qui seront faits sur son propre territoire.
A ce titre, j'essaie de donner des faits et de les commenter pour les éclairer.
Ainsi, je n'aime pas jouer sur les mots et si j'écris que la région ne devrait pas être maître d'ouvrage sur la boucle d'essai, c'est parce que c'est important.
Dans les textes, dans les lois, être maître d'ouvrage et être membre d'un syndicat mixte (comme vous semblez l'affirmer) ce n'est pas la même chose. Et si cela se fait (moi, je n'en sait rien) nous discuterons alors des différences.
Je voudrai aussi réhabiliter auprés des lecteurs, le rôle des politiques.
Bien sûr, ils ne sont pas parfaits mais un bon nombre d'entre eux, tente, honnêtement, de ménager l'intêret général face aux intêrets particuliers; de trouver des solutions pour faire en sorte que chacun puisse vivre un peu mieux.
Car c'est lors de ces réunions que l'on peut demander les corrections, les amaliorations.
Pour le reste, c'est vrai que nous, élus, devons faire attention à na pas trop vouloir faire des choses nouvelles alors que les choses anciennes ne sont pas encore au top.
Plus le temps passe et plus je crois à la supériorité, en terme d'afficacité, des améliorations progressives par rapport aux nouveaux projets, flambant neufs, qui comportent toujours une part de risque.
Il y a bien tentendu des exceptions mais ce principe a ses atouts